LA GARDIENNE DE LA LUMIÈRE

Publié le par sandrine isac

Voici une nouvelle Fantasy que j'avais écrite à l'occasion d'un concours mais suite à un problème technique, elle n'a pas pu faire partie de la liste des textes. Un peu déçue, j'ai tout de même envie qu'elle soit lue et commentée. Pour le concours nous devions nous inspirer d'une image où une jeune femme rousse regardait de la lumière jaillir de sa main.

Bonne lecture

LA GARDIENNE DE LA LUMIÈRE

Dans le royaume d’Augunn, la magie et les peuples de la forêt étaient proscrits. Le roi Eiron dirigeait son royaume d’une main de fer. Il contrôlait tout et tout le monde sur ses terres. Paradoxe d’un roi qui honnissait la magie et tout ce qui s’en rapprochait il s’en remettait pourtant à Eréïs, sa jeune protégée, prophétesse et magicienne pour le bien du royaume et pour l’aider lorsqu’il était en guerre. Elle était la seule à pouvoir pratiquer la magie mais elle n’était pas libre de le faire à sa guise. Elle vivait dans la plus haute tour du château. Elle était autorisée à se déplacer mais toujours sous escorte. Elle ne côtoyait les autres habitants du château que sous la tutelle de Lady Elya, sa dame de compagnie. Elle vivait selon les règles du roi Eiron dans une prison dorée.

Eréïs faisait partie du peuple de la forêt. Elle était devenue la protégée du roi durant la guerre qui avait éclaté contre son peuple. Eiron haïssait les peuples de la magie. Des êtres de lumière avaient enlevé sa reine et elle était morte avant qu'il n'arrive pour la secourir. Le roi, fou de douleur, était devenu inconsolable. La guerre avait éclaté. Plus de magie, plus de sorcières, de fées ou d’elfes. Tous avaient fui ou péris.

Eréïs avait grandi et sa magie aussi. Elle possédait en elle un pouvoir qu’elle ne s’expliquait pas. Elle n'était ni fée, ni elfes. Ses grimoires ne parlaient pas des peuples de la magie. Juste enseignaient-ils l'apprentissage des sorts et des potions. En approfondissant ses lectures elle comprit combien l'environnement, la nature, était lié à ses pouvoirs. Il lui était interdit de tenter quelques sorts ou incantations que ce soit seule. Mais sa magie était en elle. Une énergie lumineuse se manifestait parfois malgré elle dans ses mains qu’elle refermait rapidement afin de ne pas attirer l’attention. Elle préférait garder secret ce pouvoir qu’elle ne comprenait pas.

Le temps passant, cette énergie se fit plus présente. Eréïs la sentait bouillir en elle d’un besoin de jaillir et d’inonder l’espace qui l’entourait. Mais à quelle fin ? Elle l’ignorait. Et cela l’inquiétait. Elle avait de plus en plus de mal à la contenir. Elle se sentait attirée, appelée par la nature, dans la forêt. Ce besoin devenait vital. Elle commença à entendre des voix, des murmures, au début incompréhensibles, qui la suppliaient de les rejoindre. Il lui était impossible de les ignorer. Elle voulait connaître ses origines.

Elle avait grandi avec cet étrange sentiment de haine et d’amour envers ce roi qui l’avait pourtant élevé comme un père. Il l’avait épargné, certes, mais il se servait d’elle. Elle avait grandi, résignée, telle une orpheline dont le besoin d’appartenir à une famille avait primé. Aujourd’hui, ses racines l’attiraient à l'extérieur parmi les siens. Et l’énergie en elle réagissait à cet appel. La lumière avait un but, un devoir à accomplir. La décision s'imposa à elle. Elle devait partir.

Elle prétexta un besoin de courses au village pour s'éclipser. Elle si docile d'habitude ne nécessitait pas une surveillance assidue de ses gardes. Elle s'en voulut d'être responsable de leur châtiment à venir mais elle ne pouvait plus faire machine arrière. Elle devait connaître la vérité, comprendre sa destinée et surtout canaliser toute cette énergie lumineuse qui grondait en elle et qui finissait par lui faire peur.

Elle s'aventura, pieds nus dans la forêt. Pour la première fois de sa vie elle se sentit en paix. Elle percevait l'énergie de toutes les créatures vivantes qui l'entouraient, animal et végétal. Elle communiait avec eux.

Son entrée dans la forêt déclencha quelque chose en elle. Sa lumière commença à se libérer. Son peuple sortit de l'ombre et reçu l'énergie lumineuse qui se propagea à travers tout le bois, à travers toutes les formes de vie. La nature et la magie, le souffle de vie était de retours et ils s'en trouvèrent tous régénérés.

Mais ce grand brasier blanc qui se rependait dans la nuit n'avait pas échappé au roi qui, apprenant la disparition d'Eréïs, s'était lancé à sa recherche. Lorsqu'il la rejoignit il fut le témoin de la beauté lumineuse qui irradiait de la jeune femme. Il avait déjà été le témoin de cet échange et cela avait été fatal à sa reine.

— Eréïs ! hurla-t-il.

Elle rouvrit les yeux et s'effondra. Il se précipita vers elle et la prit dans ses bras.

— Eréïs, murmura-t-il des sanglots dans la voix.

— Elle va bien.

Il se retourna. Le roi reconnaissait cette voix. Celle qui avait signé l'arrêt de mort de sa reine. Andras, le roi du peuple de la lumière.

— Elle a libéré la lumière qui la consumait et elle a assuré la pérennité de son espèce. Elle la porte toujours en elle pour pouvoir le moment venu communier encore avec nous et la nature en un échange lumineux vital pour nous tous.

Elle ouvrit les yeux, dans les bras du roi, fou de rage. Mais lorsqu'il croisa son regard sa colère s'envola. Elle était vivante. Il l'aida à se relever, silencieux, ne sachant comment interpréter ce qui venait de se produire.

Andras reprit :

— La lumière est source de vie. Elle est en Eréïs qui en est la gardienne. Mais peu à peu le peuple de la lumière s'est affaibli, étant séparé d'elle. Il nous fallait la récupérer. La lumière passe d'un être à un autre et assure la longévité de notre peuple. Elle est pacifique et lumineuse.

Le roi Eiron le foudroya du regard.

— Mon peuple n'est pas un peuple pacifiste pourtant, dans mon royaume, les pères n'immolent pas leurs enfants !

Eréïs ne comprenait pas. De quoi parlait-il ?

Le roi Andras s'insurgea.

— Thalys n'était pas que ma fille ! Elle était la gardienne ! La lumière faisait partie d'elle et notre survie dépend de la lumière. Elle se devait de rester parmi nous. Vous n'auriez pas du la séduire. Mais, en lui faisant un enfant, vous avez vous-même scellé son destin.

Ses yeux se troublèrent, sa voix trembla.

— En se détournant de nous, elle s'est détournée de la lumière. En mettant l'enfant au monde la lumière s'est naturellement dirigée vers Eréïs privant Thalys du même coup de son essence vitale… elle en est morte.

Le roi Andras reprit en murmurant.

— Ce n'est pas moi qui ai tué Thalys c'est votre "amour".

Le roi Eiron resta sans voix. Il fixait Eréïs le regard grave. Pouvait-il la perdre elle aussi ? Il finit par se détourner d'elle et rejoignit ses hommes.

— Nous rentrons au château, ordonna-t-il à ses chevaliers.

— Père ?

Eréïs commençait à comprendre.

Il ne se retourna pas.

— Ta place est parmi les tiens. Tu as un devoir envers eux. Sois digne de ta mère et sois digne de moi.

Les larmes inondant ses joues elle se lança à sa poursuite et lui fit face. Le roi aussi était profondément ému mais il ne pouvait se permettre cette faiblesse devant ses hommes. Elle se jeta dans ses bras. Il l'étreignit.

— Je suis ton père, lui murmura-t-il. Et je t'aime comme j'ai aimé ta mère. Sois forte ma fille. Il y aura toujours une place pour toi dans le royaume d'Augunn mais tu ne t'appartiens pas. Tu appartiens à la lumière et ton peuple à besoin de toi. Je ne peux pas te perdre comme j'ai perdu ta mère… je ne le supporterais pas. Une trêve naîtra grâce à toi entre le royaume d'Augunn et le peuple de la lumière. Ainsi, toi et moi aurons toujours l'occasion de nous revoir.

Il se tourna vers le roi Andras qui acquiesça.

— La paix pour nos deux peuples.

Eréïs rejoignit le vieil homme, qui était son grand-père et le roi de son peuple, et regarda son père retourner vers le château où elle avait grandi se croyant orpheline.

La gardienne de la lumière est la propriété exclusive de son auteure : Sandrine Isac. Je protège mes textes ainsi que mes photos par horodatage, ce qui date mes parutions et qui fait office de protection selon le décret ​n° 2011-434 du 20 avril 2011. Toute reproduction est interdite. Un petit plus en cas de litige car la propriété intellectuelle spécifie qu'un texte est protégé automatiquement. Cependant il vaut mieux avoir une preuve comme l'horodatage, par exemple, pour attester de sa bonne fois.​

Publié dans Ma plume

Commenter cet article

Rebecca G. 28/10/2015 16:01

Merci. Je vais me renseigner sur l'horodatage... (Perso, j'ai déjà opté pour l'enregistrement à la SGDL, valable 4 ans..., mais je n'ai écrit qu'un seul roman!) :)

Rebecca G. 23/10/2015 12:18

C'est une jolie histoire, agréable à lire. Mais, pour répondre aux critères imposés, on sent que tu as dû réduire un max et "survoler" les évènements au lieu de les approfondir. Du coup, on a plus l'impression d'un résumé que d'une nouvelle. Il me semble que tu aurais dû te fixer sur l'une des périodes seulement, en approfondissant les émotions, et en dévoilant le reste de l'histoire juste par quelques phrases en allusion. L'écriture d'une nouvelle est un art difficile pour nous autres romanciers (!) et moi, je ne m'y risquerai jamais, car j'aime trop aller en profondeur et m'étendre sur les ressentis. Impossible de me limiter à un certain nombre de mots imposé.

Mais ton récit est un joli conte, et je suis sûre que beaucoup d'enfants aimeraient qu'on leur raconte cette belle histoire remplie de poésie avant de dormir... :D
Merci pour cette lecture.
Gros gros bisous et bonne continuation.

Du nouveau sur tes romans??

sandrine isac 28/10/2015 10:27

Bonjour et merci pour tout tes bons conseils. Si je devais faire corriger mes romans par des professionnels ce serait plus par dépit que par envie. C'est vrai que ça a un coût et je ne suis pas sure que je pourrais suivre.

En ce qui concerne la protection je me suis déjà envoyé certains textes par la poste, mais j'ai trouvé aussi une autre manière, l'horodatage, qui est un bon moyen de protéger tes œuvres. Il les dates et le cachet d'horodatage est reconnu devant les tribunaux.. En bas de la nouvelle il y a le numéro du décret qui explique mieux en quoi l'horodatage protège tes documents. Moi j'ai trouvé une formule : 100 horodatages pour 40€, le petit bémol c'est qu'ils ne sont valables qu'un ans alors si tu ne les a pas tous utilisé tu les perds. Mais au bout du compte tu peux te permettre de protéger tout tes documents même images et petits écrits du coups ça te revient moins chère que la poste. Tout dépend du nombre de documents que tu protèges

En ce qui concerne mes romans, le premier fait 131 pages et le second qui en est la suite 174. J'aimerai beaucoup que tu sois une de mes correctrices, si tu en as le temps et si tu aimes le genre surtout, parce que ça doit rester un plaisir. J'ai déjà fais des articles sur le blog sur "Les larmes de sang" et si tu avais envie d'en connaître la suite je te ferais un synopsis du second. Genre Fantastique ; sous -genre Bit Lit. Et je serais ravie de te rendre la pareille.

Bonne journée à toi et gros bisous.

Rebecca G. 25/10/2015 11:21

Oui, je pense que tu as beaucoup à gagner en développant cette histoire en récit... En faire un véritable conte pour enfant, tout simplement.
Peut-être me diras-tu que je reviens toujours à lui, mais pour écrire une bonne nouvelle, je pense qu'il faut aller voir du côté de Stephen King, c'est un maître en la matière.


Pour la correction de tes romans, si tu as les moyens, c'est ok. Dans le cas contraire, je te conseille de suivre (encore!!?) le conseil de Stephen King qui recommande de faire lire le texte final à plusieurs personnes différentes (des proches et moins proches qui peuvent rester objectifs) et attendre les retours. Reprendre ensuite le texte en fonction des remarques ou corrections qui nous paraissent pertinentes. Perso, c'est ce que j'ai fait. Cela a pris du temps, certes, mais le résultat en vaut la peine.
Protège ton document en te l'envoyant à toi-même par la Poste (sans ouvrir l'enveloppe), la date servira de preuve en cas de litige (voir sur le net comment procéder).... Je te souhaite bonne chance. Combien ton roman fait-il de pages??? Si tu veux, et si le manuscrit n'est pas trop volumineux, je te propose d'être l'une de ces correctrices, je l'ai déjà fait pour d'autres auteurs. Gratuitement, cela s'entend! Si tu es intéressée, tu n'as qu'à m'envoyer ton doc (word de préférence pour les corrections) par mail.

Voilà. Gros bisous. Et bonne continuation.

sandrine isac 24/10/2015 14:06

Oui, je comprends ce que tu veux dire. J'aurai dû me focaliser sur une seule scène. En tout cas l'exercice m'aura permis aussi de mettre un pied dans l'univers de la Fantasy. Un genre que je n'avais jamais exploré. Merci pour ton gentil commentaire. Je pense que je vais la reprendre plus en histoire, pas forcément très longue, mais plus approfondie sur chaque étapes du récit.



En ce qui concerne mes romans je pense que je vais investir dans une correction professionnelle parce qu'on a beau corriger il reste toujours des erreurs et de mauvaises tournure de phrases. Ensuite je compte me faire une sorte de tableau de tout ce qui est proposé en terme d'édition et voir ce qui me correspondrais le mieux.



Merci encore pour ton commentaire qui m'a fait beaucoup de bien.



Gros bisous et bonne continuation à toi aussi :)

Kurai Akemi 21/10/2015 15:49

Bonjour Sandrine :)
Le dénouement de l'intrigue est inattendu. Je ne pensais pas que Éreïs était en fait la véritable fille du roi. Tout est un peu rapide et pas toujours facile à saisir dans le sens où les émotions des divers personnages ne semblent pas assez approfondies. On aimerait plus ressentir ce qu'ils ressentent, notamment l'attraction de la fille vers la forêt.
Il y a quelques fautes et des répétitions (de "elle", au début) qui gênent un peu la lecture, mais ça m'a bien plu de découvrir cette histoire.
L'idée du peuple de la forêt et du royaume mériterait plus qu'une si courte nouvelle, à mon avis :)
Bonne continuation !

sandrine isac 21/10/2015 16:05

Bonjour,
Et merci pour le commentaire. Je suis d'accord, j'aurai bien approfondie certains passages, surtout ceux des sentiments, mais il y avait une contrainte de 2500 mots, alors j'ai fait attention. Je suis habituée à écrire des textes plus long que des nouvelles donc j'ai essayé de faire rapide. En tout cas j'ai adoré l'exercice. Je prends bonne note de votre critique. Merci :)