Interview n°1 Deux zéros et demi de Guillaume Lecler

Publié le par sandrine isac

Interview n°1 Deux zéros et demi de Guillaume Lecler

Cela faisait un petit moment déjà que l’idée d’interviewer des auteurs dont je faisais les chroniques litérraires  me trottait dans la tête. Et puis, j’avais aussi envie d’ajouter une section autoédition sur mon blog puisque je suis en plein dedans en ce moment et que je lis régulièrement des auteurs auto édités.

Donc j’ai ajouté un module auto éditions dans lequel je rangerai toutes les chroniques qui parleront de ce sujet. Que ce soient les romans que je lis, les auteurs (car leur ressentit peut être utile à ceux qui auraient envie de se lancer), et ma propre expérience.

Bien que ce soit pour faire connaître mes écrits que j’ai créé initialement ce blog je me suis tellement prise au "jeu" qu’il m’est devenu aussi indispensable que la création littéraire. C’est pourquoi je pense toujours à l’enrichir. Et puis, la lecture reste mon premier "amour". C’est tout de même elle qui m’a donné envie de créer mes propres univers.

Alors je commence ici ma première interview avec le sympathique Guillaume Lecler dont la lecture de son roman Deux zéros et demi (ma chronique sur le roman juste ici) m’a fait découvrir un nouveau genre, celui de l’humour savamment dosé et qui m’a fait passer un excellent moment de lecture.

L’auteur a gentiment accepté de donner un peu de son temps afin de répondre à mon interview en toute simplicité et je l’en remercie infiniment.

 

1° - L’auteur : Guillaume Lecler

  • Comment vous est venue l’envie (ou le besoin) d’écrire ?

Je n’avais pas le droit, petit, de regarder la télévision. Je me suis alors jeté dans la lecture. J’ai vécu des aventures fabuleuses, parfois exotiques, en lisant Stevenson, Conan Doyle, tout ce qui me tombait sous la main. Dès le collège, j’ai voulu, à mon tour, écrire des aventures, devenir Hugo ou rien, pour le paraphraser. J’ai appris ensuite l’humilité ;).

  • Quel genre littéraire vous inspire ?

Plutôt les Anglo-Saxons, pour leur efficacité et leur vision avant-gardiste.

  • Avez-vous un auteur préféré ou/et un livre fétiche ?

Tolkien et Terry Pratchett avant tout. Mais également Douglas Adams, Zelazny, Gaiman et une jolie découverte récemment, John Scalzi. Je lis essentiellement de la SF et de la Fantasy. D’avantage de la Fantasy aujourd’hui, d’ailleurs. Les auteurs de science-fiction envisagent l’avenir, souvent déprimant, que le réel, avec le temps rejoint. Si on relit les romans d’Asimov, de Gibson ou Dick… On n’en est pas loin. La fantasy permet, elle, de rejoindre des univers où le merveilleux existe, de nous évader de notre quotidien.

  • Plutôt organisé avec plan et fiches personnages ou écrivez-vous les scènes à l’instinct dans le désordre ?

Non, je n’ai pas dressé de plan par écrit, même si j’avais en tête la trame générale de l’histoire. Mais comme cela arrive souvent, les personnages vous entraînent, au fil de leur construction, dans des directions que l’on n’avait pas prévues… Je pense que je vais toutefois le faire pour le tome 2 qui sera situé dans le même univers médiéval-fantastique, sur le même ton humoristique, mais avec une intrigue plus accès sur l’espionnage.

Je n’établis pas non plus de fiches de personnages. Je m’inspire de mes proches et de mes lectures. J’essaie de les rendre le plus humain possible, avec leurs qualités et leurs faiblesses. Ils ne sont pas exclusivement gentils ou méchants ; ils traînent leurs casseroles aussi.

  • Il y a-t-il pour vous un moment plus propice à l’écriture qu’un autre ?

Ça serait bien ! Mais non. Quand j’ai du temps libre et l’envie. Se forcer à écrire, parce qu’il faut avancer, quand l’envie n’est pas là, aboutit à un mauvais résultat qui prend rapidement la direction de la poubelle Windows. Les idées me viennent souvent au moment où je vais sombrer dans le sommeil et où je me promets, juré craché, que je m’en souviendrai le lendemain matin pour les retranscrire. Bien évidemment, au réveil, la plupart du temps, je les ai oubliées…

  • Stephen King travaille face à un mur afin d’éviter tout élément perturbateur ou encore Ernest Hemingway devait, entre autre, tailler tous ses crayons avant de pouvoir commencer à écrire. Avez-vous vous aussi un "rituel" avant de commencer à écrire ?

Non, je ne crois pas. Ce n’est pas très fun, ni original, mais la seule condition est de me trouver dans le bon état d’esprit.

  • Comment vous définiriez-vous en tant qu’auteur en un mot ?

Hou-là ! Je ne me définirais surtout pas comme « auteur » ! Je garde ce qualificatif pour les gens qui ont réellement un talent d’écriture, qui ont fait leur preuve et qui ont une œuvre derrière eux.

2° - Le roman : Deux zéros et demi :

  • Deux zéros et demi est-il votre tout premier roman ou conservez-vous quelques vieux manuscrits dans un fond de tiroir ?

C’est le premier… texte que je commets. Le deuxième, la suite, est en cours, mais je crois que je suis encore plus lent à l’écrire que le premier. J’ai deux ou trois autres idées qui me trottent en tête, mais, pour que je m’y mette, il faudrait que je m’achète du temps supplémentaire…

  • Comment a vu le jour le projet de ce roman ?

Il y a fort, fort longtemps… J’étais à court de nouveau Pratchett (rhaaaa, en manque !), et me suis dit que j’allais me lancer dans la rédaction d’un texte qui aurait pour unique but que de me faire rire (je ne pensais pas une seconde, à l’époque, à le faire lire à qui que ce soit), en plaçant les personnages dans des situations ridicules, grotesques, à l’opposé des situations héroïques habituelles. J’espère avoir un tant soit peu réussi dans cette tentative de créer des anti-héros. Ils sont maladroits mais aussi attachants dans leur balourdise.

  • Comment avez-vous eu l’idée de vos personnages ?

Facilement, je n’ai même pas cherché : ce sont des stéréotypes du genre : barbare, guerrière, magicien. Conan, Sonia,… pour les magiciens, il n’y a que l’embarras du choix. Sauf que mes personnages, eux, sont mauvais dans leur domaine. Il suffisait d’inverser leur notoriété, leurs compétences et traits de caractère.

  • Êtes vous aussi l’auteur du dessin la couverture de votre roman ?

Ah non. Pour ça, j’exploite ignominieusement mon graphiste de frère.

  • Comment définiriez-vous votre roman "Deux zéros et demi" en un mot ?

Je dirais… une tentative de produire un texte reprenant les canons du genre de la Fantasy, en le parodiant avec une succession de scènes qui peuvent se voir comme des sketchs, pour créer un roman humoristique avant tout. L’histoire n’est qu’un prétexte à des situations cocasses. Euuuh, ça fait plus d’un mot. Ça compte ? Bon, alors en un mot : loufoque.

3° - Le mode de diffusion : L’auto édition chez La Boutique des Auteurs :

  • Avez-vous essayé d’autres types d’édition avant de tenter l’auto édition ?

Oui, un an avant l’aventure avec la Boutique des auteurs, j’ai envoyé le manuscrit à trois maisons d’édition. Sans grand espoir ni illusion. Je n’ai pas été déçu. Hum, surpris. Je sais le nombre de manuscrits qui arrivent dans ces maisons et le peu d’élus publiés pour un premier roman.

  • Comment en êtes-vous venu à choisir l’auto édition ?

Un peu par hasard. Le temps passant, j’en suis venu à me dire que, finalement, mon histoire tenait debout et qu’il serait sympa qu’elle existe un peu plus concrètement. Que ce qui m’avait fait rire ferait peut-être sourire un ou deux autres lecteurs. Je suis tombé un jour sur une publicité Cultura qui mettait en avant le partenariat créé avec Librinova pour lancer La Boutique des auteurs. La formule proposée m’a paru tout de suite simple, fiable et efficace.

  • Quel est votre ressenti face à ce mode d’édition et face à La Boutique des Auteurs ?

Beaucoup d’auteurs bien en place dans le monde de l’écriture seront toujours publiés, quoi qu’ils produisent. Malheureusement aujourd’hui, il y a peu de place pour les écrivains en herbe et la chance d’être édité pour un inconnu est infime, quand bien même son texte serait de qualité. Ce n’est pas forcément la faute des éditeurs, les contraintes économiques de leur société et le marché font que… Mais je pense que tout un chacun a le droit de s’exprimer et d’exister. Internet aujourd’hui, pour le meilleur et le pire permet cela. Alors que l’autoédition donne la possibilité à des anonymes d’accéder à un plus grand nombre est une bonne chose.

La Boutique des auteurs et Librinova apportent un soutien réel aux romans édités par leur service. Ils entretiennent avec les auteurs un suivi d’une grande proximité, disponibilité et gentillesse.

  • Votre roman est gratuit, qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Je ne suis pas Tolkien ! Je n’aurais pas osé attribuer une valeur pécuniaire à mon texte, ça m’aurait semblé prétentieux. Et qu’il soit gratuit ne freine ainsi pas le téléchargement. Même une petite somme est un engagement quand le lecteur n’a pas la certitude d’apprécier son achat.

 

4° - En conclusion :

  • Avez-vous d’autres projets littéraires ?

Oui, le tome 2 des aventures de mes loosers patentés.

  • Un conseil pour les auteurs en herbe ?

Je ne me sens pas trop en position de donner des conseils… Si ce n’est de tenter sa chance, tous les textes, fruits d’une envie, d’une sensibilité, ont le droit de voir le jour et d’exister peu ou prou.

  • Et pour finir, qu’avez-vous pensé de cette interview ? (N’hésitez pas à dire ce que vous pensez, c’est ma toute première, toute critique constructive est bonne à prendre). Merci.

C’est à moi de vous remercier. Je suis très flatté que vous m’en ayez fait la demande. J’ai trouvé vos questions très pertinentes en même temps que d’une approche sensible à « l’interviewé ».

J’espère de mon côté avoir répondu à vos attentes et apporté des réponses cohérentes.

Et bien oui, vous avez entièrement répondu aux attentes de cette interview avec humour, simplicité et humilité.

Je dois dire que j’ai apprécié cette expérience parce qu’il est toujours intéressant de savoir ce qui se cache derrière le roman et ce qui a conduit son auteur à l'écrire.

Je pense aussi qu’on peut apprendre beaucoup les uns des autres et partager nos expériences permet aussi de nous sentir moins seuls face à l’auto édition.

Alors, merci encore à Guillaume Lecler et vivement le Tome 2 !

Commenter cet article

manou 02/05/2016 12:02

Et bien je lui souhaite beaucoup de succès car ce jeune auteur est fort sympathique et tout à fait modeste ! Et l’intervieweuse a plus d'un tour dans son sac ! Je me suis régalée en lisant tes questions et ses réponses, cela me donne vraiment envie de le connaître même si je lis un peu moins qu'avant ce type de roman...
merci beaucoup pour ce partage...et à bientôt pour une nouvelle chronique, un nouvel interview ou bien...quelques extraits de ton roman :)

sandrine isac 02/05/2016 13:00

Merci pour lui... et pour moi aussi. J'ai de nouvelles interviews de prévues mais pas pour tout de suite et en ce qui concerne mon roman j'ai du en reporter la sortie. Je pense que ça se fera entre juillet et septembre, je croise les doigts. Et je pense partager certains passages à ce moment là. Merci pour ce gentil commentaire ça me fait vraiment plaisir d'autant que c'est ma première interview :)

Yolaine 25/04/2016 23:30

Une interview... quelle belle idée! Tes questions étaient juste parfaites. Ce modeste auteur a l'air bien sympathique et son roman intéressant! J'aime bien aussi le nouvel onglet. J'en suivrai les articles avec intérêt! Félicitation pour cette première interview! :)

sandrine isac 26/04/2016 18:49

Merci c'est très gentil ;)

Caroline 24/04/2016 20:30

Les questions sont intéressantes, l'auteur a l'air sympa :)
Si son livre est gratuit, je suppose qu'il n'existe pas en papier?

sandrine isac 24/04/2016 20:44

Effectivement il n'est pas proposé en version papier... pour le moment car si il marche bien cela pourrait peut être venir. Je lui souhaite en tout cas.

charier 24/04/2016 18:50

interview sympa, je vais voir la chronique, merci

sandrine isac 24/04/2016 20:24

Pas de quoi, bonne visite et merci pour le commentaire :)