Interview n°4 AnonymX et KAZAMI de l'auteur Aurélien

Publié le par sandrine isac

Il y a plusieurs mois de cela je partageais avec vous une chronique sur AnonymX de l'auteur Aurélien, auteur autoédité, que je décrivais comme une cyber-intrigue.

Aujourd'hui je vous propose de découvrir qui est Aurélien en plus de vous faire découvrir son nouveau roman Kazami.

1° - L'auteur : Aurélien

Comment vous est venue l’envie ou le besoin d’écrire ?  Quelle est la place de l’écriture dans votre vie de tous les jours ?  Avez-vous un auteur et/ou un livre fétiche ? 

J'ai toujours eu envie d'écrire, mais comme le français n'est pas ma langue maternelle (je fus un méga monoglotte jusqu'à vingt ans) j'ai dû attendre d'acquérir une certaine aisance dans son maniement avant de me lancer dans l'écriture.

La lecture a toujours été un élément indispensable de ma progression intellectuelle. Comme je suis né sous une dictature qui pratiquait la censure, les seuls auteurs auxquels j'avais accès étaient les classiques : Balzac, Stendhal, Flaubert, largement diffusés. Mais je connus mes premiers émois littéraires avec Karl May, Jules Verne, Jack London et surtout Daniel Defoe. Ironie : en relisant ce dernier dans le texte original et en découvrant certains passages qui m'étaient inconnus, je me suis rendu compte d'une évidence, que je ne soupçonnais pas à l'époque : la censure avait, là aussi,  sévi !

D'une nature éclectique, j'aime me plonger dans du nouveau, découvrir des univers divers : de d'Ormesson à Steinbeck, de Houllebeck à Coupland en passant par Maurois, Cendrars, Zweig, Mann, Rezzori et bien d'autres auteurs modernes. J'ai toujours eu un goût insatiable pour l’altérité. Mes lectures peuvent se classer ensuite par genre, par pays : j'ai eu ma période Europe centrale, l'époque SF, l'anglo-saxonne.

Pour mon dernier roman Kazami, je me suis lancé à corps perdu dans l'étude de la culture japonaise que j'ignorais auparavant. Je me suis appuyé sur ma connaissance des œuvres de Mircea Eliade, grand historien des religions, expert du bouddhisme, écrivain. J'ai ensuite entrepris un travail de documentation très poussé sur la culture japonaise : non seulement son histoire, mais aussi sa littérature (Murakami, Soseki, Tawada) son cinéma si foisonnant, ses estampes, ses mangas et ses haïkus. Le coup de cœur d'origine s'est peu à peu transformé en une véritable histoire d'amour.

 

Avez-vous une méthode particulière pour mettre en place votre roman ou écrivez-vous les scènes à l’instinct, dans le désordre ?   Comment définiriez-vous l’auteur que vous êtes en un mot ? 

Bien que chaque livre ait, pour ainsi dire, sa propre vie, qui s'impose à moi comme une nécessité, j'écris toujours d'une traite. L'impulsion initiale est toujours donnée par une idée, car je considère qu'il faut non seulement savoir écrire mais aussi avoir un vrai sujet. Suit une période de gestation pendant laquelle plusieurs titres se présentent à mon esprit. Souvent en compétition, chacun reste ensuite comme une réminiscence. Il faut donc  choisir. J'élabore ensuite un plan très vague, structuré autour des étapes importantes de l'histoire, et je me lance alors dans l'écriture. En dehors de la période de création, je n'écris généralement pas, ne faisant que noter des idées, des pensées ou des citations. 

2 °- Vos romans : 

AnonymX est-il votre premier roman ? Si ce n’est pas le cas et si vous en avez sorti d’autres depuis pourriez-vous les nommer et les résumer en 2 ou 3 lignes. 

J'avais déjà écrit un roman d'anticipation, dans un esprit très orwellien,  ressemblant plus à une exorcisation du passé qu'à un écrit en vue de publication. Notez cependant que c'était à l'époque préhistorique d'avant l'autoédition.

Je n’avais jamais lu de roman sur le futur, et j’ai trouvé le vôtre très proche de ce qu’il pourrait devenir grâce à la technologie, notamment les objets connectés qui sont de plus en plus présents. L’idée d’une mutuelle qui nous assure en fonction de nos agissements en tant réel et qui d’une certaine manière finit par régir nos vies est une vision assez « flippante » de notre avenir. Pensez-vous que la technologie pourrait devenir un danger face à notre liberté d’action ? 

AnonymX est un cyber-polar qui s'inspire de la réalité de la Révolution Numérique en cours. Quoi que l'on dise de ce bouleversement, il est certain que les transformations de nos sociétés seront profondes et irréversibles. Elles seront en même temps des mises à l’épreuve de nos institutions, et les tentations archaïques de retour en arrière cohabiteront avec un optimisme aveugle dans des lendemains qui chantent. Mais après tout, dans AnonymX, la solution aux excès de la société passe par la maîtrise des techniques elles-mêmes.

Je me réjouis de poursuivre notre partenariat avec vôtre nouveau roman qui s'intitule Kazami et dont je ferai prochainement la chronique. Disponible au format Kindle via l'icone ci-dessous et au format papier

Genèse du livre : l'idée d'écrire Kazami m'est venue au lendemain des attentats de Paris, lors desquels un ami a été blessé et une connaissance a perdu la vie. Tandis que je posais une gerbe devant le Bataclan, mon regard a croisé celui d'une Japonaise. Sa grâce naturelle, son côté exotique, contrastaient curieusement avec l'idée de mort qui se dégageait de cet endroit. J'ai alors eu envie de me pencher sur la notion de mort, vécue si différemment par les bouddhistes. Avec comme corollaire : comment un être humain peut être amené à tuer et à se tuer lui-même ? J'ai découvert des univers insoupçonnés, une culture riche, si différente de la nôtre et pourtant nourrie de tropismes évidents. Différences entre l'Est et l'Ouest. Plutôt deux mondes qui se complètent, aux similitudes surprenantes. Par exemple, le Japon partage la même passion pour la gastronomie que la France. Mais la pratique culinaire est différente. Passion commune, expérience différente : prélude a une rencontre enrichissante. 

Synopsis : comme je ne souhaitais pas faire uniquement un roman historique, je l'ai situé dans le futur. Suite au réchauffement climatique, l'humanité s'est réfugiée au-delà de l'Arctique. Jusqu'à ce qu'une bouteille, contenant un message et le portrait d'une jeune fille, ne vienne s'échouer sur les rivages, on n'imaginait pas que le Sud ait accueilli des survivants. Sur l'île d'Hokkaido s'étaient réfugiés les Japonais qui avaient recrée la société des samouraïs de l'époque Edo. Gary, l'homme du Nord, surmontant une à une les épreuves, se met alors à la recherche de Kazami, la jeune fille au visage de manga.  

Les personnages : Gary, qui sera rebaptisé par le daïmio Morio Akinori – Voie lumineuse – est un jeune étudiant du Nord. Il vit en Alaska, où sa famille s'est établie pour échapper à la catastrophe écologique. Il est jeune, spontané, un peu insouciant, mais en découvrant la bouteille échouée sur la plage, il est saisi d'une détermination insoupçonnée. À l'instar du 18ème siècle, quand on tombait amoureux des portraits de « promis », peints sur la porcelaine, Gary éprouve un coup de foudre pour Kazami, et veut à tout prix la rencontrer ; Kazami que le malheur a frappé est la personnification de la grâce japonaise. Intelligente et courageuse elle lance un dernier cri de désespoir sous la forme d'un message. Elle fera preuve par la suite d'une fidélité à toute épreuve.

Les flash-back culturels que j'ai introduits dans le récit font partie de l'imaginaire japonais. Ils jaillissent pour mieux éclairer le comportement des personnages. J'ai puisé, pour ainsi dire, dans la pureté du geste, celui qui a créé la calligraphie, le haïku et le coup de katana parfait, pour en restituer un fragment de l'âme nippone. Kazami en vraie geisha accomplie, même si tel n'était pas son choix, contribuera à l'initiation de Gary, qui, malgré les épreuves, découvrira ainsi le raffinement de la culture japonaise. Les épreuves, en effet, ne manqueront pas : devant Gary se dresseront des obstacles, rappels du côté obscur que chacun porte en soi. Pourtant à la fin, et je n'en dis pas plus, on comprendra qu'autant de cruauté n'est possible que suite à l'artifice humain.  

Kazami, roman d'amour et d'aventure, uchronie* se veut à la fois une introduction à la culture nippone et un questionnement sur l'avenir de l'humanité. Saurons-nous nous nous garder de la tentation du retour au passé, perçu comme meilleur ? Saurons-nous préserver ce qui demeure notre âme collective,  sans détruire notre capacité à comprendre l'Autre ? Cette altérité qui, finalement, nous renseigne plus sur nous-mêmes, en complétant notre humanité ; cette Altérité sans laquelle on a tous, quelque peu, la vue voilée.  

Uchronie : (n ; f) utopie appliquée à l'histoire ; histoire refaite logiquement telle qu'elle aurait pu être. 

 

3° - Le mode de diffusion : Auto édition : 

  • Quels sont, selon votre propre expérience, les points positifs et les points négatifs de ce type d’édition et quel bilan feriez-vous de cette expérience ? 

En tant qu'auteur indépendant, on est toujours en contact avec les nouvelles technologies. L'autoédition est en effet proche de l’auto entrepreneuriat et du management des réseaux sociaux : il faut non seulement faire preuve de créativité, mais bien s'organiser et aimer l'indépendance. Elle permet de ce point de vue une liberté et une prise de risque qui participe, tout compte fait, aux évolutions sociales d'aujourd'hui. J'aime bien l'idée du décloisonnement entre les occupations : quoi de plus enrichissant que la découverte de l'autre, des autres méthodes, d'autres horizons ? On se plaint souvent, à juste titre, d'un certain esprit de clocher, d'une certaine fermeture, eh bien, tout cela est en train de changer.

 

4° - En conclusion : 

  • Quel est votre actualité, un nouveau roman à venir ? Des salons du livre où vous rencontrer ? 

Je continuerai d'assurer la promotion de mes livres sur les réseaux et je serai au salon du Livre Paris en 2017. En parallèle, j'étudie l'écriture du scénario et je rassemble de la documentation pour un prochain livre.

  • Un conseil pour les auteurs en herbes ? 

Ose l'aventure et tu en sortiras enrichi.  Un conseil ? Comme je n'aime pas pérorer, je dirais seulement ceci : à l'instar de Gary qui part à la recherche de Kazami et s'affranchit peu à peu de ses peurs et apprend à mieux se connaître, l'écriture s'apparente à une aventure, à une initiation.

Voici les adresses où vous pourrez suivre et en savoir plus sur Aurélien et ses romans :

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Je remercie Aurélien pour sa confiance et son partage d'expérience. N'oubliez pas de laisser un commentaire sur le site où vous vous procurez les romans d'auteurs autoédités.

Je vous souhaite une bonne semaine et vous dis à très bientôt :)

Bonnes lectures !

Publié dans Interview

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Aurélien 19/10/2016 12:19

Vous pouvez feuilleter Kazami format kindle ici : https://www.amazon.fr/KAZAMI-Aur%C3%A9lien-ebook/dp/B01LXFYYPY/ref=pd_rhf_gw_p_img_2?ie=UTF8&psc=1&refRID=KPTSWGP1J599Z5M880CR

sandrine isac 19/10/2016 14:34

Ou cliquer sur l'icone Kindle si ce n'est pas déjà fait. J'ai rajouté un petit commentaire au-dessus au cas ou cela ne serait pas évident.